Montrer ses films : La clé des âmes

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"La clé des âmes", ou récit d’un marathon de cinéma : L’atelier Cinémacam présente son dernier film et la belle aventure que fut sa réalisation. Et depuis début mars, cette aventure est palpable grâce à un superbe making-of.

L’atelier Cinémacam est heureux de vous présenter son film "La clé des âmes" co-réalisé par votre serviteur, animateur de l’atelier, et Maxence Jamet, jeune réalisateur de 17 ans et membre de Cinémacam.

Le film
Le making-of

La durée : 7"18. Le genre ; fantastique. Le thème : histoire de fantômes et de deuil. Le pitch : un homme garde prisonnier les fantômes de son passé. Un jeune garçon va l’aider à les libérer et faire son deuil.

Ce film a la particularité d’avoir été filmé et réalisé en grande partie par des jeunes de moins de 20 ans, membres de l’atelier - dont le réalisateur de 17 ans, le caméraman de 14, et même le preneur son de 12 ans ! Mais aussi celle d’avoir été entièrement réalisé, du scénario au montage, en seulement 48h le week-end du 26/27 septembre dernier !

48h film project

Il s’agit de la deuxième participation de Cinémacam au concours "48h film project" de Paris. Vous pouvez lire le récit détaillé de cet aventure d’un week-end sur cet article.

Le principe du concours est le suivant : le vendredi soir à Paris a lieu le kick-off. Chaque équipe (plus de 150 chaque année sur les starting-blocks !) tire au sort un genre de film. Puis trois éléments sont imposés, les mêmes pour tous : un personnage (nom, activité), un objet et une ligne de dialogue. 48h plus tard le dimanche a lieu le drop-off, chaque équipe doit fournir une clé USB avec un film d’une durée comprise entre 4 et 7 minutes (plus 1mn de générique), respectant le genre tiré au sort et faisant apparaître les éléments imposés.

Quelques semaines plus tard les films sont projetés en salle à Paris, puis un jury décerne plusieurs prix lors d’une soirée spéciale. Le premier prix consiste en deux billets d’avion pour Atlanta, afin d’aller défendre son film à la grande finale internationale des gagnants de toutes les villes du monde qui organisent ce concours (pas loin de 140 !)

Cette année, nous avions tiré au sort le genre "Fantastique" et les éléments imposés étaient : Ulysse ou Zoé Saladin, collectionneur(se) ; une roue ; la phrase "Crois-moi ou pas, c’est la vérité."

Faire un film en 48h

Faire un film en 48h, c’est toute une aventure technique et artistique ! Les contraintes, la condensation en quelques heures de ce qui normalement dure des jours, est très formatrice : tout est fait au cordeau et chaque erreur, chaque maladresse se paie au prix fort. L’organisateur du concours en France aime à dire qu’en deux jours de réalisation on prend deux ans d’expérience !


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Faire un film en 48h ça demande beaucoup de préparation en amont : trouver des acteurs qui veulent bien bloquer leur samedi au risque de ne pas être choisis (plus on a de volontaire, plus on a de choix lors de la phase d’écriture), trouver des lieux potentiels de tournage, obtenir les autorisations, trouver un musicien (nous tenons à de la musique originale dans nos films !), constituer une équipe - avec formation accélérée des jeunes nouveaux-venus à l’atelier, préparer les outils et environnements de montage et bien sûr prévoir toute la logistique : repas, cafés et en-cas, transports, logements pour ceux qui habitent loin....

Faire un film en 48h ça demande enfin beaucoup d’organisation ! Voici notre plan d’action à Cinémacam :

  • Vendredi soir, brain-storming pour trouver des idées, dans la voiture pendant le voyage du retour du kick-off (environs 1h30 de route)
  • Jusque très tard dans la nuit du vendredi au samedi : phase d’écriture du scénario, puis des dialogues, et enfin du découpage technique. Les acteurs et propriétaires des lieux de tournage sont contactés dès que les lieux et personnages du film se dessinent. Equipe réduite pour ne pas trop se mélanger les pinceaux.
  • Puis quelques heures de repos... Cette année, ce fut seulement 1h symbolique de sommeil ! :-D
  • Samedi : tournage toute la journée ! Dur pour les acteurs qui découvrent le scénario juste avant de commencer à tourner :-D

  • Samedi soir : petite pause autour d’un bon dîner. Il est important de se vider un peu les idées avant de passer à la suite...
  • Puis commence la phase de montage qui dure toute la nuit. Cette année nous étions deux monteurs (les deux co-réals) et nous nous sommes relayés pour prendre un peu de sommeil chacun notre tour.

  • Dimanche matin : si le montage a montré des lacunes, et selon les disponibilités des acteurs, nous allons rapidement tourner quelques plans supplémentaires pour corriger. En parallèle, le musicien passe voir le premier montage (Ours) et se met à travailler la composition.
  • Dimanche midi : on commence le mixage et l’étalonnage. Pendant que certains y travaillent, d’autres vont enregistrer la musique chez le musicien.

  • Dimanche début d’après-midi : intégration de la musique, fignolages divers, rendu du résultat, et enfin enregistrement sur clé USB.
  • Dimanche 17h00 : dernière limite pour le départ vers Paris - c’est qu’il ne faudrait pas être en retard à cause des embouteillages ! Quitte à fignoler en route avec un PC portable - mais cette année on ne l’a pas fait, on était suffisamment content du résultat.
  • Dimanche 19h30 : c’est la limite officielle. Aucun film rendu après ne sera en compétition - même à quelques secondes près. Dans les faits, il se trouve qu’avec notre marge de sécurité nous l’avons rendu avec une bonne heure d’avance :-) Tout le monde n’a pas eu cette chance.

Une aventure humaine

Faire un film en 48h, c’est avant tout une très belle aventure humaine ! Une vingtaine de personnes bénévoles, membres de l’atelier ou pas, fédérées le temps d’un week-end autour d’un beau projet de film.

L’an passé, notre 48h avait failli tourner à la débâcle lorsqu’un jeune technicien, par mégarde, avait formaté la carte avec tous nos rushs le soir du tournage... Pourtant le film fut sauvé in extremis après beaucoup d’émotions ! Malgré le temps perdu, nous avions réussi à le rendre à temps - un exploit dont nous sommes encore très fiers :-) Et qui, au final, avait soudé l’équipe Cinémacam plus que jamais. Vous pouvez voir le making-of de cette incroyable aventure en cliquant sur cette phrase, ou bien en lire le récit - et bien entendu voir le film ici.

Cette année, fort de l’expérience de l’an dernier, nous nous étions bien mieux préparés. Sur le tournage nous avions un monteur à qui, toutes les heures, nous remettions les cartes image et son, que nous changions par roulement : il en faisait une double sauvegarde immédiate, puis débutait le dérushage en direct (synchronisation son/image, etc...). Ainsi au pire nous ne risquions qu’une heure de tournage en cas de pépin. Par ailleurs, et ce fut la première fois sur un film Cinémacam, nous avions une scripte qui notait tout et donnait ses rapports au monteur, ce qui lui permettait de travailler vite et bien. De la sorte, le soir nous étions tranquilles : les données étaient en sécurité, le dérushage et la synchro déjà faites ! Nous n’avions plus qu’à nous lancer directement dans le montage proprement dit.

Il y a eu des moments très forts sur le tournage, notamment la séquence de l’engueulade dans la voiture où une énergie incroyable a été développée par nos acteurs - nous avions tous du mal à ne pas éclater de rire sur le plateau :-) Et toute la séquence finale où les acteurs ont su donner une jolie émotion - nous étions presque en pleurs derrière la caméra ! Passer du rire aux larmes sur un plateau... si ce n’est pas une vraie aventure humaine ça !

Ce qu’il y a de bien aussi dans le 48h de Paris c’est qu’il arrive en tout début de l’année "scolaire", qui est aussi l’année associative. Quoi de mieux qu’une telle aventure pour intégrer à l’atelier les nouveaux inscrits et leur donner d’emblée le goût de faire des films ? Il y a presque quelque chose du week-end d’intégration dans ce timing :-)

Bilan et perspectives

La comparaison du film de l’an passé avec celui de cette année montre bien l’évolution de notre jeune atelier : un scénario plus fort, avec de l’émotion, une meilleurs direction d’acteur, un découpage plus maîtrisé, un montage mieux rythmé... Il reste bien sûr des défauts de jeunesse : mise au point pas toujours bien faite, prise de son tout juste acceptable... Encore du travail à venir pour l’atelier ! :-)

Ha oui, j’oubliais : nous n’avons pas gagné de prix. Le 48h est ouvert à tous, y compris aux professionnels, du coup la concurrence sur les presque 150 participants est rude, trop encore pour notre petit atelier amateur et débutant. Mais on ne le fait pas pour gagner, on le fait pour pouvoir vivre chaque année cette formidable aventure. (Et puis en fait tout est prévu : le plan secret c’est qu’on gagne l’an prochain, mais chhhhut ! :-D)

Le making-of de "La clé des âmes" est encore en cours de montage. On viendra vous le présenter ici dès qu’il sera prêt !

En attendant, vous pouvez voir un petit film amusant que nous avons réalisé en décembre sous forme d’un exercice d’improvisation, ainsi que la bande annonce de notre prochain film, tourné cet été, qui va sortir ce week-end - une autre belle aventure racontée ici.

Le mardi 12 janvier 2016, par LucaR